Vit et travaille à Paris

Faisons fi des clichés, et osons dire que l’artiste franco mexicain Miguel Chevalier conjugue somptueusement la profusion sud américaine et la rigueur dite cartésienne.

C’est ce qu’on est tenté de penser face à ce foisonnement d’images numériques minutieusement élaborées. Mais Descartes aussi bien qu’Euclide seraient  sans doute un peu dépaysés dans cet univers virtuel qu’ils ont pourtant contribué à construire. Car l’outil informatique englobe, dépasse et fracasse ces logiques linéaires. Et ce qu’il fait naître n’a plus grand-chose à voir avec ce qui, quelque part, lui a donné naissance. Ecoutons les titres : si une œuvre s’appelle Fractal flowers, par exemple, le choc des deux mots suffit à nous dire que les rigidités mathématiques viennent ici épouser la fluidité charnelle du vivant.

 

Car nous avons les formes, les couleurs, la lumière, et même le mouvement, tout ce que l’art depuis toujours nous donne à voir. Tout est là, sauf la matière. Elle ne figure pas parmi les ingrédients de cette étrange alchimie. On la retrouve au terme du processus de création, quand l’image numérique se dépose sur une surface – qui la fait exister, et qu’elle fait vivre. Et ce support, c’est tout simplement le monde autour de nous.

Bien réel, celui-là, et inépuisable. Plus encore que les écrans ou les musées, c’est l’espace urbain tout entier, la corniche d’Abou-Dabi, le forum des Halles ou les docks de Marseille… Un espace où le passant n’est pas seulement spectateur fasciné d’une œuvre qui s’auto génère et se développe à l’infini, mais acteur à part entière dans un dispositif interactif, sensuel et jubilatoire. Convié à entrer dans un cristal de neige, ou dans le jardin d’Alice au Pays des merveilles.

Dans la nef de l'église d'Aurens, des rosaces, tels desvitraux de l’art gothique flamboyant, seront projetés sur une grande sphère gonflable suspendue dans les airs. Rosaces qui se génèrent et évoluent à l’infini de manière aléatoire. Une nouvelle création originale de Miguel Chevalier.

Nourri des œuvres qui l’ont précédé, ce pionnier de l’art numérique  a choisi un outil de son temps et en utilise pleinement toutes les ressources. Comme tous les œuvres véritablement novatrices, la sienne interroge et interpelle. Car si la Renaissance a rationnalisé et stabilisé notre rapport au monde grâce à la perspective, Miguel Chevalier, tel un voleur de feu, s’est emparé de l’aléatoire.

                                                                              www.miguel-chevalier.com


Né en 1959 à Mexico, Miguel Chevalier vit et travaille à Paris où il s’est installé en 1985.

De formation classique, il utilise depuis 1978 l’informatique comme moyen d’expression dans le champ des arts plastiques et aborde les problématiques de l’image hybride, générative et interactive. Il s’est imposé internationalement comme l’un des pionniers de l’art virtuel et du numérique.

Son œuvre, expérimentale et pluridisciplinaire, prend ses sources dans l’histoire de l’art dont il reformule les données essentielles. Son travail développe différentes thématiques, telles que la relation entre nature et artifice, l’observation des flux et des réseaux qui organisent nos sociétés contemporaines.

Miguel Chevalier a réalisé de nombreuses expositions dans des musées, centres d’art et galeries dans le monde entier. Il réalise également de nombreux projets dans l’espace public et l’espace architectural. Il collabore régulièrement avec des créateurs d’autres domaines, tels que des architectes, des designers, des compositeurs. 

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